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Avez-vous dit mégadonnées?

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Nous portons des vêtements qui captent la chaleur de notre corps, notre rythme cardiaque et le nombre de pas que nous faisons. Nous fabriquons des véhicules sans conducteur qui utilisent des capteurs et des GPS pour se déplacer. Nous construisons des gares ferroviaires et des tunnels avec des technologies de balayage au laser. Nous rassemblons toutes sortes d’informations, en ligne et hors ligne, pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et travailler en harmonie avec celui-ci.

Recueillir des données est l’un des projets sur lequel travaille l’équipe de WSP en Suède depuis quelques années. C’est là que Patrik Karlsson, un développeur en SIG, a mis au point un système modulaire et extensible appelé « Voodoo » qui récolte simultanément l’information en provenance de 20 sources différentes.

Mais que peut-on faire de 15 000 observations de la qualité de l’air de Göteborg, en Suède? Ou de 62 000 mesures du niveau d’eau de lacs et de rivières dans cette même région? Ou encore de 108 000 relevés de travaux et d’incidents routiers de l’Administration suédoise en transport? De 39 millions d’observations météorologiques de 800 stations de surveillance?

« L’intérêt se manifeste lorsque l’on ajoute de la valeur au travail de collecte de données », affirme Mats Önner, responsable mondial des pratiques de gestion d’actifs chez WSP.

Dans un autre projet, à Singapour, son équipe a utilisé le Geotracker, un véhicule de WSP équipé de caméras, de capteurs et autres technologies mobiles de cartographie pour recueillir l’information sur le réseau de transport ferroviaire de la ville-état. « L’objectif était d’évaluer la condition du réseau et de préparer un modèle de projection de la détérioration pour optimiser la gestion de l’actif », explique Mats Önner.

Gothenburg Data Infographic

Données = Argent

Dans son travail de collecte, l’équipe suédoise a également compilé des tonnes de données sur les opérations ferroviaires. En voici un exemple en date de février 2017 :
• 820 000 enregistrements sur les locomotives
• 5 600 000 enregistrements sur les wagons
• 15 000 000 enregistrements sur les axes ferroviaires
• 44 800 000 enregistrements sur les roues
• 3 700 alertes au sujet des roues
• 4 600 000 mesures de dommage aux roues
• 41 000 000 mesures de surchauffe
• 21,5 millions d’enregistrements sur des passages de trains, recueillis à 1 876 échangeurs différents

Il va de soi que la quantité d’information recueillie augmente chaque jour. « Le but est de rassembler des images satellites, les conditions du trafic ferroviaire, la température des roues, la pression des freins, etc., et de voir comment tout cela est interrelié », explique Patrik Karlsson.

Gianluca Barletta, directeur du secteur de la consultation intelligente chez WSP | Parsons Brinckerhoff, va un peu plus loin. « Lorsque vous investissez des millions de dollars dans un nouveau projet, vous voulez que votre argent soit bien dépensé. La collecte et l’analyse de données sont alors fondamentales », souligne-t-il.

Gothenburg Data Infographic

Mégadonnées au service des villes

Comprendre les différents enjeux d’une situation complexe n’est pas évident. « Nous disposons maintenant d’un outil exhaustif qui utilise les informations tirées de nos 100 années d’expérience », explique Thomas Coleman, gestionnaire en innovation et technologie chez WSP | Parsons Brinckerhoff aux États-Unis.

Les équipes de WSP ont ainsi cartographié des centaines de projets urbains à travers le monde. Nous conseillons les autorités municipales sur la planification urbaine, nous les aidons à comprendre le mouvement du transport pour améliorer les réseaux. À Chicago, Thomas Coleman a appliqué ce modèle pour analyser le potentiel d’expansion de la ligne ferroviaire, de l’aéroport jusqu’au centre-ville. « Nous intégrons des routes alternatives, des stations, etc., pour comprendre leur impact et pour proposer le meilleur choix basé sur des faits. »

Pour lui, un des avantages les plus importants de la capacité numérique actuelle est lié à la prise de décision. « Auparavant, nous devions attendre la fin d’un projet pour avoir une vue d’ensemble. Maintenant, il est possible de prendre une décision au moment même où le projet s’amorce. Nous avons les outils et les processus pour comprendre et analyser différents impacts dès le début d’un projet », explique Thomas Coleman.

Utiliser les données pour prendre de meilleures décisions n’a rien de nouveau. Nous avons toujours fait des interprétations et des analyses. Mais de nos jours, le processus va plus en profondeur, plus rapidement. Notre façon de travailler en est réellement transformée… pour le mieux.

Data Room