Et si nous pouvions améliorer les résultats en matière de santé ?

Notre façon de concevoir l’environnement bâti peut avoir des répercussions considérables sur la santé publique. En concevant nos bâtiments, nos systèmes de transport, nos infrastructures et nos collectivités de manière à favoriser l’adoption d’un mode de vie sain, nous pourrions grandement améliorer les coûts liés aux soins de santé, les taux de maladies chroniques et le mieux-être mental.

L’année dernière, un collègue m’a contactée pour discuter des travaux en santé publique visant à « jeter un pont entre l’ingénierie et la santé ». Le sujet m’intriguait et m’intéressait beaucoup, mais je n’étais pas sûre que notre conversation donnerait lieu à des échanges fructueux. Plusieurs autres événements sont survenus à peu près au même moment et ne m’auraient pas conduite à cette recherche s’ils avaient été pris isolément.

Mais lorsque je les ai considérés globalement, le besoin de se consacrer à ce sujet s’est fait fortement sentir :

  • Le lien entre l’ingénierie et la santé ne m’a pas sauté aux yeux lorsque j’ai participé à un panel dans le cadre du congrès de la Société canadienne de génie civil.
  • Le rapport récent de l’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada à propos de la conception d’un mode de vie sain a mis l’accent sur les répercussions de l’environnement bâti sur notre santé.
  • L’un de mes amis, médecin et chercheur, a plaidé résolument en faveur de la prescription de l’activité physique comme remède.
  • Les autorités régionales de santé ont commencé à demander que soient réalisés des travaux de recherche et que soient mises en œuvre des recommandations en vue d’améliorer l’environnement bâti pour la santé.

Manifestement, on observe une tendance croissante à adopter des mesures de santé préventives dans la conception et la planification de l’environnement bâti, plutôt qu’à s’attarder uniquement sur le traitement. J’ai appris que les planificateurs et les professionnels des transports actifs chez WSP tentaient déjà de comprendre ces types de liens. Toutefois, ces derniers ne sont pas connus de tous les concepteurs et les planificateurs. J’ai senti que nous devions en apprendre davantage sur ces liens et qu’il nous fallait les intégrer d’une manière explicite à nos conceptions dans tous les aspects de notre travail.

Nous avons donc décidé d’interroger des professionnels de partout au Canada qui sont spécialisés dans différents domaines, notamment la santé publique, la médecine, la conception et l’exploitation d’installations et l’assurance. Quel est le résultat ? La récente publication de notre livre blanc sur la santé et l’environnement bâti.

Deux éléments m’ont frappée au cours de la recherche

Envisager clairement le futur : Le premier a été de prendre connaissance des hausses considérables anticipées des taux de diabète, de cancer, de maladie mentale et d’obésité. D’ici 2030, nous assisterons à une augmentation de 13 % du taux d’obésité, de 40 % des nouveaux cas de cancer, de 41 % des taux de prévalence du diabète et de 200 % des coûts liés à la maladie mentale.

Adapter nos conceptions dès aujourd’hui : Le second a été d’apprendre que le facteur le plus déterminant de la santé est l’endroit où une personne vit. Ainsi, les personnes et les familles à faible revenu qui sont déjà grandement défavorisées le sont encore davantage sur le plan de la santé. En revanche, il a été encourageant de constater dans cette recherche que si nous concevons des environnements bâtis de la même façon dans les quartiers défavorisés et aisés, la plupart des différences observées dans les résultats en matière de santé entre les populations défavorisées et aisées... s’estompent !

En tant qu’ingénieure, je ne me suis jamais rendu compte de l’incidence qu’ont les détails de nos conceptions sur la santé physique et mentale. Alors que nous commençons à présenter ces concepts aux planificateurs, aux ingénieurs et aux autres concepteurs de l’environnement bâti chez WSP, j’espère que ces pratiques exemplaires seront diffusées dans l’ensemble de l’industrie et qu’elles feront partie des programmes scolaires et universitaires.

À titre de planificateurs, d’ingénieurs, d’architectes et d’architectes-paysagistes, nous disposons de ces outils puissants pour contribuer à inverser la tendance en matière de cancer, de diabète, de maladie mentale et d’obésité. Pour permettre au gouvernement canadien d’économiser des milliers de dollars en soins de santé et d’améliorer la santé mentale et physique de sa population, nous avons besoin de deux choses : une prise de conscience de la manière d’y parvenir et une augmentation des ressources pour mettre le cap sur la prévention plutôt que le traitement.

Lisez le livre blanc de WSP sur la santé et l’environnement bâti, puis participez à la conversation sur les médias sociaux.

livre blanc sur la santé et l’environnement bâti

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