Le rôle crucial de l’interconnexion pour électrifier les jeunes nations

Les réseaux de transport et de distribution d’électricité sont essentiels pour relier les collectivités, malgré les frontières entre régions et pays. Les interconnecteurs sont un incontournable pour toute initiative interrégionale de mise en commun des ressources énergétiques.

Les réseaux de transport et de distribution d’électricité sont essentiels pour l’électrification des nations, et à l’heure actuelle, l’intégration régionale est la grande priorité dans les marchés émergents. Les responsables des politiques et les organismes bailleurs de fonds misent sur le développement de l’infrastructure qui va permettre de relier les communautés, les régions, voire les pays. Le but ultime est de stimuler les investissements intrarégionaux, le développement, le commerce et la croissance durable.

 

« Les interconnecteurs favorisant l’échange d’énergie entre les régions et les pays sont le fer-de-lance de ces plans. Les couloirs stratégiques visant le transport de l’électricité offre beaucoup de potentiel pour réduire de façon importante les dépenses liées à la production indépendante grâce à une meilleure planification collaborative des grandes centrales qui desservent les marchés de taille », affirme Andrew Galbraith, directeur de la transmission et de la distribution pour WSP en Afrique. « Cela ouvrira la voie à de futurs projets et permettra la création d’autres infrastructures principales essentielles transfrontières, notamment pour l’eau et les transports. »

 

Juan David Martinez, gestionnaire pour WSP en Colombie, exprime son accord et ajoute que, malgré certaines difficultés en matière d’échange d’énergie dans les marchés émergents – liées entre autres au manque d’infrastructure, il existe une volonté politique à faire avancer les choses.

Communautés participant à la nouvelle ligne en Colombie
Plus de 150
Pays participant à la mise en commun des ressources énergétiques en Afrique
12
Longueur de la ligne électrique entre la Zambie et la RDC
Environ 148 km

Une mise en commun des ressources énergétiques à grande échelle

Selon Andrew Galbraith, la Southern African Power Pool (SAPP) est un bon exemple d’organisme pilotant avec succès de nombreux projets d’interconnexion des réseaux de transport d’énergie électrique.

 

« Le but de ces projets est d’établir des liens ou de renforcer les interconnexions entre divers pays, dont le Mozambique, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Botswana, le Swaziland, le Lesotho, la Namibie, le Malawi, la Tanzanie, la Zambie, l’Angola et la République démocratique du Congo (RDC). L’objectif est de mettre en commun une grande quantité des ressources énergétiques, et de faciliter l’échange d’énergie entre les pays qui sont en pénurie d’électricité et ceux qui affichent un excédent. »

 

Pour bien connecter les réseaux électriques, il faut prévoir la création d’entités qui assureront une supervision globale, comme le Centre de Coordination SAPP. Ce centre est chargé de nombreuses tâches, dont l’exploitation du réseau d’interconnexion et la création de rapports de performance. Il incombe aussi au Centre de Coordination SAPP d’évaluer les conséquences des futurs projets sur le fonctionnement du réseau d’interconnexion.

 

« Un de ces projets est un interconnecteur de 330 kV entre la Zambie et la République démocratique du Congo (RDC), et le SAPP a mandaté WSP pour réaliser ce projet », explique Andrew Galbraith.

 

Le projet a reçu l’appui financier de la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et le programme AREP, car on reconnaît qu’une liaison robuste pour le transport d’électricité aidera les deux pays à sécuriser leur réseau d’énergie et à en accroître la fiabilité. De plus, la liaison permettra de favoriser le développement économique et l’intégration régionale. Le projet vise également à soutenir la mise en place d’un marché de l’énergie efficace et concurrentiel, lequel réduira le prix de l’électricité dans la région.

 

Parmi les options envisagées pour cette ligne de transport figurent la connexion de Kolwezi en RDC au district de Solwezi en Zambie en passant par le réseau de la Zambia Electricity Supply Corporation (ZESCO) au poste électrique de Lumwana ou de Kalumbila, ainsi que le futur réseau de la Société Nationale d’Électricité (SNEL) au poste électrique NRO à Kolwezi.

 

Une équipe d’ingénieurs de WSP provenant du Royaume-Uni, de l’Afrique du Sud et du Canada mènent actuellement une étude de faisabilité en trois étapes pour trouver des options et ensuite recommander une solution d’interconnecteur privilégiée. Le travail comprend une évaluation initiale des routes et des postes électriques, des collectes de données, une analyse financière et économique, des relevés détaillés des tracés, ainsi qu’une conception et des spécifications détaillées. Les trois étapes seront terminées à la fin du programme des travaux de 18 mois, prévue en 2019.

 

« L’expansion du réseau de transport d’électricité en Afrique subsaharienne est un domaine d’expertise pour notre entreprise. Nous mettons en œuvre de tels systèmes depuis 50 ans. Nous prévoyons renforcer davantage notre réputation ainsi que les capacités exemplaires de notre personnel », affirme Paul Glendinning, chef des réseaux de WSP au Royaume-Uni.

Un partage transfrontalier des ressources

La mise en commun des ressources énergétiques au moyen d’un réseau d’interconnexion est complexe; elle requiert une planification et une mise au point réfléchies. Un réseau d’interconnexion, comme son nom l’indique, relie de nombreux réseaux qui fonctionnaient peut-être isolément dans le passé. Ce type de réseau requiert un désir et une forte volonté politique à collaborer, pour un intérêt commun et en vue d’atteindre un idéal partagé.

 

« En Afrique, plusieurs autres projets semblables sont en cours afin de favoriser la mise en commun des ressources énergétiques sur le continent. Nos équipes mondiales composées d’experts en génération et en transport d’électricité ont eu la chance de s’engager, à divers niveaux et étapes, dans bon nombre de projets d’interconnexion de réseaux transfrontaliers partout en Afrique », raconte Andrew Galbraith.

 

Les États africains ne sont pas les seuls à avoir constaté les occasions de valorisation que présente la mise en commun des ressources énergétiques. De tels projets stratégiques intégrés promeuvent également une utilisation accrue des énergies renouvelables grâce à une meilleure gestion des facteurs d’intermittence. Il est par exemple possible de rapidement acheminer l’électricité produite des régions à fort potentiel solaire ou éolien vers d’autres régions.

 

Le projet Colectora au nord de la Colombie, par exemple, comprend un nouveau poste électrique de 500 kV et deux lignes de transport : 110 km entre Colectora et Cuestecitas, et 247 km entre Cuestecitas et La Loma. Une équipe d’ingénieurs de WSP en Colombie a été mandatée pour fournir des services-conseils au promoteur, Grupo Energía de Bogotá, qui prévoit achever ce projet en 2020. Les lignes de transport ont aussi été conçues pour servir d’interconnexions entre de futures installations éoliennes et le réseau de transport du pays.

 

« Une équipe d’ingénieurs de WSP a entamé les études environnementales et de conception relatives aux lignes de transport, lesquelles comprennent une évaluation des conséquences environnementales et socioéconomiques des autres tracés possibles. Les procédures de permis environnementaux sont aussi en cours », explique Juan David Martinez.

Des communautés interreliées

L’équipe de projet a déterminé que le tracé de la ligne de transport entre Colectora et Cuestecitas traversera les territoires d’environ 130 groupes ethniques. Quant à la ligne entre Cuestecitas et La Loma, elle s’étendra sur les territoires de 66 autres groupes ethniques; cela permettra d’introduire de l’énergie de sources durables dans le réseau de transport d’électricité.

 

WSP fera participer quatre groupes provenant d’une zone habitée par les Wuiwas, les Kankuamos, les Coguis et les Arhuacos, des tribus ancestrales colombiennes habitant la région de la Sierra Nevada. Selon nos prévisions, plus de 150 communautés seront engagées dans le processus global d’octroi de permis environnemental.

 

« La majorité de la population au nord de la Colombie est répartie sur le plan géographique. Ce projet créera des emplois, en plus de contribuer au développement des compétences et du partage de connaissances, grâce à la construction du poste électrique et des lignes de transport », affirme Juan David Martinez.

 

« De plus, il ouvrira la porte à des occasions rêvées pour solliciter davantage d’investissements et développer l’industrie dans la région, dans l’optique d’un développement durable continu. Dans le cadre de notre engagement dans ce projet, nous avons mis en place un programme d’approche et d’engagement communautaire. Nous avons employé des traducteurs en langues autochtones afin de communiquer avec les communautés concernées, ce qui nous a aidés à comprendre en profondeur leur point de vue sur le projet et la manière dont elles croient que celui-ci affecterait leurs territoires », poursuit-il.

 

Les défis énergétiques vont au-delà de la simple génération d’électricité; il faut également planifier des réseaux de transport et de distribution efficaces. Partout dans le monde, des pays se rendent compte des avantages de la mise en commun des ressources énergétiques. Par conséquent, les projets d’interconnexion des réseaux de transport et de distribution reçoivent l’attention qu’ils méritent.


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