Par Jay Wratten, stratège, Solutions interconnectées/WSP Smart, Bâtiments, WSP États-Unis

Dans le cadre de cette série, nous avons posé beaucoup de questions sur l’aménagement et le fonctionnement des bureaux après la COVID-19.

Que ce soit pour la conception, la qualité de l’air, le transport vertical ou la technologie, de toute évidence, nous n’avons pas encore trouvé réponse à nos questions. Nous avons l’habitude de nous reporter à des normes publiées, ce qui nous amène, en tant que concepteurs, à souvent jouer le rôle de traducteurs de travaux de recherche existants. Or, dans ce cas-ci, le travail de recherche n’a pas encore été réalisé.

Les concepteurs sont amenés à se poser de nombreuses questions sur la manière de gérer l’incertitude dans le nouveau monde étrange dans lequel nous vivons.

Le secteur de la conception et de la construction est relativement conservateur en matière de risques, dans le sens où il est très codifié et où il repose sur l’application de pratiques optimales. Notre façon de concevoir l’ère post-COVID-19 sera bien différente. Comment conseiller nos clients en sachant que nous n’avons pas toutes les réponses? Comment appliquer les idées nouvelles avec prudence, sans surréagir ou faire des promesses intenables? Notre manière de gérer les attentes de nos clients sera essentielle, car même si nous souhaitons faire la bonne chose, nous ne voulons pas donner un faux sentiment de sécurité ou prétendre qu’un bâtiment est « sûr ». 

Ce que nous savons, c’est que la conception de certains bâtiments est, par nature, plus résiliente que d’autres.

Peut-être que ce bâtiment est en meilleur état, qu’il est doté d’un système plus performant pour gérer la qualité de l’air intérieur ou qu’il est mieux exposé à la lumière que les autres, ce qui contribue généralement à une meilleure santé des usagers. Ou peut-être qu’il ne compte que trois étages, ce qui permet d’utiliser des escaliers plutôt qu’un ascenseur. Il y a des bâtiments plus parfaits que d’autres, qui présentent fondamentalement moins de risques, et il y en a d’autres qui sont plus complexes. La réalité, c’est que certains bâtiments seront plus sûrs que d’autres, alors quelle devrait être la norme minimum? Où voudrions-nous travailler? 

Au cours des six à douze prochains mois, nous allons obtenir de nombreuses réponses à ces questions.

Nous verrons les gens installer du Plexiglas et certaines entreprises prendre des libertés en matière de respect de la vie privée. Dans la baie de San Francisco, l’entreprise Twitter a annoncé qu’elle ne demandera pas à ses employés de revenir travailler au bureau, mais de nombreuses entreprises cherchent aussi à rouvrir leurs bureaux dès que possible. On s’apprête à vivre une période d’expérimentation en matière d’environnement de travail. Les gens qui s’en sortiront bien, qu’il s’agisse de concepteurs ou de propriétaires, seront ceux qui seront prêts à relever le défi, à prendre le risque de se tromper pour corriger rapidement leurs erreurs et à remettre en question la manière dont nous faisions les choses auparavant. Au même moment, nous réfléchissons tous à notre façon de nous préparer à l’avenir pour devenir plus résilients et plus agiles afin de relever les enjeux qui nous attendent. 

À l’avenir, les gens seront bien plus sensibilisés qu’avant aux questions de santé publique et aux incidences des bâtiments sur notre bien-être, et cela influera aussi sur les milieux de travail.

Quand mon grand-père est décédé, mon oncle a expliqué, dans son éloge funèbre, que son père conservait toujours les petits restants de savon pour les coller au nouveau pain de savon. Une fois, mon oncle lui a demandé pourquoi il faisait ça, et mon grand-père lui a dit que, dans les années 1920 et 1930, pendant la Grande Dépression, on utilisait tout le savon. Après cette période, les gens ont gardé l’habitude d’être économes pour le reste de leur vie. Je crois qu’après la COVID 19, nous serons nous aussi tous différents d’une certaine manière, que nous aurons plus conscience des choses que nous touchons, de l’air que nous respirons et des gens que nous côtoyons. Cela changera notre culture, notre manière de nous comporter, et ce, pour longtemps, voire pour toujours. 

Nous devrons essuyer bien des difficultés avant de trouver le juste équilibre.

Le bon côté des choses, c’est que cela a obligé notre industrie à réfléchir aux raisons qui nous poussent à concevoir comme nous les faisons et aux résultats que nous voulons atteindre. La COVID-19 a complètement renversé la tendance de la densification des milieux de travail. En même temps, nous avons de plus en plus deux facettes dans nos vies, une physique et une virtuelle, et nos avatars occupent une place plus importante que jamais dans notre milieu professionnel. Vous êtes à la fois la personne physique que tout le monde voit au bureau, celle qui publie sur Yammer à 2 heures du matin ou encore celle représentée par votre photo LinkedIn ou vos publications sur les réseaux sociaux. Le moi virtuel est devenu assez abouti pour avoir de la valeur. Si nous avions connu une pandémie de coronavirus il y a dix ans, nous ne parlerions pas de télétravailler en vidéoconférence. 

Le mot « smart » peut avoir plusieurs significations.

Les technologies dites intelligentes permettent aussi bien de rendre l’expérience des réunions virtuelles en télétravail aussi proche que possible de celle des réunions en personne au bureau que d’utiliser des capteurs pour voir si les gens respectent la distanciation sociale. La panacée que nous cherchons tous n’existe peut-être pas encore, mais ce qui est intéressant, c’est que nous commençons à nous poser toutes ces questions. Chez WSP, nous n’avons peut-être pas toutes les réponses, mais nous comprenons bien notre milieu de travail et nous voulons tirer profit de notre expertise pour aider nos clients, nos collègues et la société à trouver quelle sera la meilleure nouvelle normalité.

 
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