Port de Montréal: La jetée Alexandra

Le Port de Montréal se dote d'une gare maritime entièrement reconstruite et remise à neuf. Elle sera prête dès 2017 pour le début de la saison des croisières, et juste à temps pour participer aux célébrations du 375e anniversaire de la ville!


Emplacement

  • Montréal, Québec, Canada

Secteurs

  • Génie maritime
  • Gares maritimes de passagers et ports de plaisance
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Service

  • Ingénierie des ports et des terminaux maritimes intermodaux
  • Modélisation des données du bâtiment (BIM)
  • Planification et analyse portuaires
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Client

  • L'ADMINISTRATION PORTUAIRE DE MONTRÉAL

Statut

  • En Cours

La gare maritime du Port de Montréal se refait une beauté

Le projet s'avérait par ailleurs crucial pour répondre aux attentes des citoyens qui souhaitent un meilleur accès au fleuve Saint-Laurent, et pour soutenir l'industrie croissante de la croisière. Les retombées économiques de ce secteur s'élevaient à 140 M$ pour la province en 2012, avec près de 55 000 voyageurs transitant à la gare maritime. Le Port a pour objectif, grâce à la nouvelle jetée, de dépasser en moins de 10 ans le seuil des 100 000 voyageurs.

Réfection d'une partie de l'infrastructure montréalaise

La jetée Alexandra a été construite en 1901 et les hangars, en 1908. La gare maritime a par la suite subi un réaménagement, en 1967, pour l'Expo 67 de Montréal. Depuis 2005, il y a eu plusieurs études et mesures visant à stabiliser la structure centenaire. Malgré d'importants travaux d’entretien et de réparations, les infrastructures exhibaient des signes marqués de vieillissement. Les installations elles-mêmes, déjà dépassées, étaient en train de devenir carrément obsolètes. 

Jetee Alexandra, 1901

C'est ainsi qu'un projet de réhabilitation a vu le jour et, en février 2015, WSP embarquait dans l'aventure afin de concrétiser les plans de la firme d'architecture montréalaise Provencher Roy pour la réfection de la jetée, la remise à neuf de la gare maritime et la construction d'une « tour-phare » d'observation. Nous avons effectué l'ingénierie détaillée du projet, incluant l'abaissement du coin nord-est de la jetée et la conception des marches et de la terrasse la plus basse, qui sera partiellement submergée à certains moments de l'année.

Des représentations en 3D au secours de la conception dans un environnement complexe

WSP a réalisé l'analyse des structures existantes, la conception des nouvelles structures, ainsi que les plans et devis détaillés, en plus d'offrir un soutien technique durant la construction. Puisque la jetée se trouve en milieu urbain, et qu'on y accède par le centre-ville, il a fallu instaurer des normes particulières de lutte contre le bruit et les respecter durant la construction.

Comme première étape suivant l'obtention du mandat, nous avons établi les représentations en 3D des lieux et des futures constructions, afin de permettre aux membres de l'équipe de visualiser le projet à divers stades de sa construction. Ces dessins se sont également révélés utiles pour la conception des formes asymétriques de la terrasse la plus basse, puisque nous avons pu résoudre tout conflit ou interférence dans les plans avant la construction. 

Édifier le nouveau en s'appuyant sur l'ancien

L'aspect le plus complexe de ce projet tient à l'histoire de la jetée en elle-même. Bâtie à la fin des années 1800, elle a été modifiée dans les années 1940, au cours d'un projet de reconstruction. Au cours de ces modifications, les mécanismes d'ancrage qui permettaient à la jetée de demeurer stable, malgré le fleuve qui s'écoule tout autour, ont été enfouis. Cela a compliqué les travaux puisque, pour abaisser le coin nord-est, il fallait déterrer les ancrages, ce qui allait rendre le fond instable. Il était donc essentiel de stabiliser le sol avant de commencer le creusage.

Le coin nord-est, tout particulièrement, nous a posé le plus grand défi et c'est là que nous avons dû déployer la plus grande ingéniosité. Par ailleurs, la construction du mur de la jetée sous l'eau a demandé à la fois beaucoup de créativité et une extraordinaire précision. La conception devait prévoir que la construction serait exécutée pratiquement à l'aveugle, sous l'eau, puisque la visibilité y est extrêmement limitée.

Se préparer à des difficultés particulières de construction

L'étape de conception a donc servi à définir de manière très précise les méthodes de construction. Étant donné qu'il fallait exécuter les travaux sous l'eau, nous avons choisi pour le mur une structure combinée de palplanches et de caissons. Une structure de ce type peut être édifiée dans des conditions difficiles et tout de même offrir la stabilité et la durabilité nécessaires. 

Pour permettre l'abaissement du coin nord-est de la jetée, les plans demandaient de forer un passage au travers des caissons en bois existants, qui font partie de la structure d'origine construite il y a 100 ans. En effet, pour installer les ancrages au roc qui retiennent l'extrémité du mur, il fallait les faire passer au travers des caissons d'origine, construits au XIXe siècle avec des poteaux de bois franc de 1 pi x 1 pi. Nous avons dû utiliser une foreuse spécialisée pour ce faire. 

Prêt pour le 375e anniversaire de Montréal!

Malgré l'imposant défi que représentait la construction de la structure partiellement submergée de la jetée, les travaux ont été achevés dans les délais prévus et selon le budget établi. Le site dans son ensemble sera prêt pour l'inauguration de la saison des croisières 2017, ainsi que pour les festivités entourant le 375e anniversaire de la ville de Montréal.

Le projet a fait l'objet d'un article dans l'édition de juillet 2016 de l'American Society of Civil Engineers (ASCE).