Un plan mondial de neutralisation des émissions de carbone pour les exploitants d’aéronefs doit entrer en vigueur en 2021, en parallèle aux améliorations constantes apportées aux technologies et à l’efficacité des moteurs. Mais qu’en est-il des aéroports? L’énergie requise pour alimenter les édifices, les infrastructures, le transport terrestre et les déplacements des avions, entre autres, font des aéroports eux-mêmes une source majeure d’émissions de carbone. Heureusement, l’industrie aéronautique répond à l’appel d’un avenir faible en carbone par le biais d’initiatives innovatrices telles que le programme d’accréditation carbone pour les aéroports. 

La première étape clé consiste à établir une vision et à dresser un plan pour la mettre en œuvre. Le programme d’accréditation carbone pour les aéroports fournit un cadre rigoureux et cohérent pour aider plus de 200 aéroports à gérer leurs émissions de carbone. Depuis 10 ans, WSP travaille avec le Conseil international des aéroports pour élaborer et gérer son programme. Ce dernier s’exerce en partenariat avec le programme Carbon Neutral Now de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et a pour objectif de rendre 100 aéroports carboneutres d’ici 2030. 

L’efficacité énergétique fait évidemment partie de la solution et plusieurs aéroports s’efforcent déjà de remplacer les éclairages existants par des éclairages à DEL, d’introduire de meilleurs systèmes de compteur, de mesurage et ciblage énergétique, d’améliorer le contrôle des éclairages, d’installer des chaudières, des refroidisseurs et des systèmes de chauffage, de climatisation et de ventilation plus efficaces, en plus d’introduire des correcteurs de facteur de puissance. Néanmoins, beaucoup de mesures potentielles restent encore à réaliser. Une étude récente menée par WSP pour un exploitant d’aéroport du Royaume-Uni a permis d’identifier des économies importantes de carbone qui contribueraient également à réduire les coûts des services publics de plus de 2 millions de £ par année. 

Malgré tous les efforts faits pour maximiser l’efficacité énergétique, les aéroports demeureront toujours de grands consommateurs d’énergie. Il est donc fondamental pour ceux-ci d’aspirer à des modèles de consommation énergétique à faible, sinon zéro, contenu de carbone. La croissance rapide et la réduction des coûts de la génération d’énergie renouvelable permettent à de plus en plus d’organisations de passer à l’électricité certifiée sans émission de carbone. Par exemple, l’aéroport d’Heathrow a adopté l’approvisionnement en électricité à zéro émission de carbone dans le cadre de sa stratégie d’opérations sans émission de carbone d’ici 2050.

 

Les aéroports étudient également la possibilité de générer leur propre énergie renouvelable. L’aéroport de Gatwick innove en ce domaine et est devenu le premier aéroport au monde à traiter les résidus alimentaires d’avions de catégorie 1 sur place. Les matières traitées sont ensuite utilisées pour alimenter des chaudières à biomasse, fournissant une source d’énergie renouvelable pour chauffer l’usine de traitement des déchets et alimenter le système de récupération des eaux. Son objectif est d’augmenter son taux de recyclage de 49 % en 2017 à 85 % d’ici 2020, ce qui serait supérieur à tout autre aéroport au Royaume-Uni. En Inde, l’aéroport international Cochin est le premier aéroport au monde à être alimenté à l’énergie solaire. La production de plus de 60 000 unités d’électricité par jour est supérieure à la consommation quotidienne. 

Malgré les efforts fructueux des aéroports pour réduire l’impact environnemental de leurs bâtiments, de leurs infrastructures et de leurs véhicules, l’empreinte carbone de l’aviation reste dominée par les émissions associées au carburant des avions. L’aéroport international Seattle-Tacoma, par exemple, cherche à devenir l’un des premiers aéroports du monde à offrir un approvisionnement fiable en biocarburants qui réduirait les émissions des aéronefs d’au moins 25 %. WSP a fourni des conseils sur l’infrastructure requise pour l’entreposage et le mélange des biocarburants d’aviation et leur intégration au parc pétrolier et au réseau de distribution de carburant Sea-Tac. 

À ce jour, les programmes de réduction d’émissions de carbone déployés par les aéroports ont été presque exclusivement concentrés sur les émissions opérationnelles. Mais il est de plus en plus reconnu que le carbone inclus dans la construction des édifices et des infrastructures contribue de manière importante à l’impact en carbone pendant le cycle d’utilisation de l’aéroport. Les estimations varient, mais certains chercheurs croient que ce carbone intégré peut représenter jusqu’à 50 % de l’impact total de toute la vie d’un aéroport et qu’il est clair que ce point doit faire l’objet d’une plus grande attention dans l’avenir. 

Le dernier défi à ce sujet est lié à l’envergure et à la complexité des opérations dans plusieurs des aéroports d’aujourd’hui. Les exploitants d’aéroports ont généralement le contrôle sur un petit 10 % des émissions totales de carbone dans leurs installations tandis que les nombreuses lignes aériennes, les traiteurs, les manutentionnaires de fret et les détaillants, entre autres, sont responsables de la vaste majorité des émissions. En conséquence, des engagements et des partenariats efficaces seront essentiels pour créer les aéroports faibles en émission de carbone de l’avenir.

Les aéroports ont fait beaucoup de progrès au cours des 10 à 15 dernières années dans la réduction de leur empreinte carbone. Cependant, ils reconnaissent qu’il reste beaucoup à faire avant de pouvoir jouer pleinement leur rôle dans la transition vers une économie faible en carbone.


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