Alors que des dirigeant·es se réunissent à Amsterdam pour le Forum européen de l’IPFA 2026, la question centrale pour les investisseurs en infrastructures n’est plus de savoir où déployer le capital, mais bien de déterminer quels actifs et quelles plateformes peuvent être réalisés de manière réaliste et rapide dans un contexte où les coûts, les échéanciers et les conditions du marché deviennent plus en plus incertains.
En termes simples : la question clé dans les conseils d’administration n’est pas de savoir où investir, mais quels projets verront réellement le jour. Dans le marché actuel, le capital n’est pas restreint. C’est la capacité de réalisation qui l’est.
Le défi ne consiste plus à repérer des actifs investissables dans des classes d’actifs isolées. Il faut maintenant comprendre, à l’échelle du système, comment les infrastructures du côté de l’offre et les actifs du côté de la demande – comme la production d’énergie, les centres de données ou l’électrification industrielle – fonctionnent ensemble pour créer des projets qui peuvent être réellement financés et réalisés.
La prochaine vague de rendements en infrastructures sera en partie déterminée par la façon dont les investisseurs sauront composer avec les trois réalités qui redéfinissent le marché européen.
Réalité 1 – L’investissement énergétique exige une approche systémique
Une approche fondée sur des actifs individuels est moins susceptible de générer de la valeur de manière isolée. Les occasions les plus attrayantes se trouvent désormais dans des systèmes, où les rendements dépendent d’une bonne interaction entre la production, les réseaux, le stockage, la demande industrielle et la réglementation.
Ce virage transforme déjà la façon dont les investisseurs évaluent la crédibilité financière du projet.
Chez WSP, notre travail à titre de conseillère technique auprès du ministère de la Sécurité énergétique et des objectifs zéro émission nette (Department of Energy Security and Net Zero, DESNZ) du Royaume-Uni en matière de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) illustre bien cette réalité. En adoptant une vision intégrée de la chaîne du captage, du transport et du stockage, nous aidons les investisseurs à analyser la propagation des risques dans le système et à repérer les sources potentielles de valeur.
Cette perspective systémique est désormais essentielle dans d’autres secteurs.
Dans le secteur des centres de données, WSP agit comme partenaire stratégique des centres à très grande échelle, en apportant des capacités d’évaluation des contraintes du réseau, des files d’attente de raccordement et des risques liés aux délais, tant du côté de l’offre que de la demande.
Dans le secteur de l’énergie éolienne maritime, dans le cadre de notre rôle d’ingénierie du propriétaire pour de grandes sociétés de services publics, nous évaluons les raccordements au réseau, les autorisations et les étapes des chaînes d’approvisionnement. Parallèlement, au moyen du cadre de modélisation PRIMES Integrated Energy Model (PRIMES IEM), nous pouvons analyser la valeur marchande et les risques de réduction de production, en offrant une vision intégrée qui tient compte des coûts moyens actualisés de l'énergie.
Au lieu d’obtenir une évaluation isolée des risques, les investisseurs peuvent ainsi parvenir à une compréhension plus claire de l’exposition à l’échelle du système, du raccordement au réseau jusqu’à la tarification du marché, afin de soutenir leur prise de décision en investissement et la modélisation financière.