Réhabiliter un symbole montréalais et la plus haute tour inclinée du monde pour créer des espaces de bureau modernes et dynamiques.


Emplacement

  • Montréal, Québec, Canada

Secteurs

  • Bâtiments commerciaux et à usage mixte
  • Stades et installations sportives
  • Voir tout

Service

Client

  • Parc olympique

Statut

  • Achèvement prévu en 2018

Architecte


Le Parc olympique, un symbole montréalais, a été construit en 1976. L’ensemble urbain, dessiné par l’architecte Roger Taillibert comprend une vaste esplanade, un centre sportif, un stade de plus de 56 000 places, ainsi qu’un mât de 165 mètres de hauteur, incliné à 45 degrés, appelé Tour de Montréal. Ce dernier élément fut achevé en 1987, devenant du même coup la plus haute tour inclinée du monde.

À l’origine, les espaces intérieurs de la Tour devaient servir aux fédérations sportives comme plateau d’entrainement pour les athlètes. Malheureusement, cette idée n’a jamais vu le jour, faisant en sorte que la Tour demeura inoccupée pendant près de 30 ans.

Stade-Olympique-Plan-2

Une des principales fonctions de la Tour, d’une hauteur équivalente à celle d’un immeuble de 50 étages, est de supporter le toit du Stade à l’aide de câbles de suspension. Située dans un arrondissement de l’est de la ville et constituant un des principaux attraits touristiques de Montréal, la Tour de Montréal est dotée d’un funiculaire qui, le long de son échine courbée, amène des visiteurs à un observatoire situé au haut de l’ouvrage, qui offre une vue sur la ville et le Mont-Royal. Au bas de la Tour se trouve le Centre sportif du Parc olympique, plus grand centre aquatique au pays, comptant sept bassins, ainsi que des gymnases et salles de sport. Le Centre sportif abrite également l’Institut national du sport du Québec.

Une seconde vie pour la Tour de Montréal

La Régie des installations olympiques, qui assure l’exploitation et l’entretien de ce grand parc urbain, a tenté à plusieurs reprises au cours de ses 41 ans d’existence de trouver une vocation à la Tour de Montréal.   

Quand le Mouvement Desjardins, premier groupe financier coopératif au pays, s’est montré intéressé à occuper près de 80 % des espaces disponibles de la Tour, La Régie des installations olympiques a intégré les travaux de mises aux normes des étages intérieurs aux travaux déjà prévus de réfection de l’enveloppe extérieure.

Desjardins était à la recherche d’un lieu où regrouper ses employés des services en ligne actuellement dispersés dans trois endroits différents, pour leur offrir un milieu de travail innovant et stimulant. La société a retenu la Tour de Montréal en raison de son emplacement et de l’accès aux transports collectifs, incluant deux stations de métro, et à un éventail de services pour les employés.

Stade olympique de Montreal avant les rénovations

LE STADE AVANT LA RÉNOVATION

Comme les étages de la tour devaient à l’origine abriter des gymnases pour différents sports, lors de la construction de la Tour, des panneaux de béton massifs ont été installés comme parement extérieur. Seules de petites fenêtres ont été aménagées au haut de chaque étage, afin d’offrir un éclairage zénithal, permettant la pratique de différents sports sans provoquer d’aveuglement par le soleil.

Les locaux à bureaux modernes étant généralement inondés de lumière naturelle, la solution logique consistait à remplacer les panneaux de béton par un mur-rideau en verre. La revitalisation de l’espace prévoyait également la mise à jour de toutes les installations électriques et mécaniques, ainsi que des travaux d’aménagement intérieur, dont le hall d’entrée, de nouveaux ascenseurs et d’autres installations.

L’évaluation de murs en béton vieux de 30 ans

La rénovation nécessitait également l’examen des voiles de béton de 1,2 m d’épaisseur de la Tour pour déterminer leur perméabilité à l’humidité et au froid, et comment ils interagiraient avec un espace intérieur aménagé et climatisé.

Les spécialistes des sciences du bâtiment de WSP sont venus à la rescousse, réalisant des évaluations exhaustives pour déterminer si plus d’isolation était nécessaire pour les murs en béton et si la membrane externe devait être traitée. Ces évaluations étaient requises pour éviter toute conséquence fâcheuse sur l’enveloppe et l’intérieur de la Tour après l’entrée en service des espaces locatifs. Elles ont été faites en prélevant des échantillons de béton de différentes parties de l’ouvrage pour en étudier les caractéristiques.

Tour de Montréal, en construction

La numérisation et la modélisation 3D pour une conception structurale plus efficiente

WSP a travaillé à différents projets au Stade étalés sur plusieurs années, ce qui a permis à nos spécialistes d’acquérir une connaissance approfondie de la structure complexe et inhabituelle du Stade et de la Tour.

« Ce n’est pas un immeuble comme les autres, alors ça prend un certain temps et de l’expérience pour bien comprendre la philosophie derrière la conception et la structure complexe du Stade. L’expérience acquise au fil de nombreux projets au Stade depuis les années 1990 nous en a fourni une compréhension approfondie », affirme Pierre Rodrigue, concepteur principal pour le projet et chef de l’équipe de scénographie au bureau montréalais de WSP.

Notre équipe a été retenue pour l’ingénierie des structures pour le projet, ainsi que pour la numérisation 3D et la création d’un modèle complexe de la Tour, réalisé à l’aide de Revit.

Stade olympique de Montréal en construction- façades

La plus grande grue à tour au Canada

La première tâche de nos ingénieurs a consisté à déterminer comment installer deux énormes grues nécessaires pour la construction. D’une hauteur de plus de 200 m, la grue principale, la « Girafe », est l’une des plus hautes grues à tour jamais utilisées au Canada. Deux grues ont été requises pour l’assembler.

Il fallait placer la « Girafe » assez près de la tour inclinée, mais à une distance sécuritaire de son sommet et des câbles qui supportent le toit du Stade. Elle a donc été installée dans le Stade, de sorte qu’une ouverture a dû être percée dans le toit existant du Stade fait d’une structure métallique, dans la toile souple, ainsi que dans deux dalles de plancher. La grue a été installée sur une base de béton ancrée au roc. Deux poutres de contreventement reliant la grue à la structure du Stade et deux autres à la Tour près de son sommet ont été requises afin d’assurer sa stabilité.

L’autre grue, plus petite, a été installée à l’arrière de la tour et repose sur la surface inclinée du toit de la gare inférieure du funiculaire, dont l’exploitation s’est poursuivie sans entrave durant toute la construction.

Stade-Olympique-Plan

Des façades de verre remplacent des panneaux de béton de cinq tonnes

Le retrait des panneaux en béton massif était l’une des étapes les plus difficiles du projet. En raison de la géométrie complexe de la Tour, à courbure verticale et horizontale, tous les panneaux étaient de forme différente et pesaient jusqu’à cinq tonnes. Des essais ont été réalisés afin de mieux comprendre comment leur retrait pourrait être fait, en tenant compte du positionnement délicat des panneaux, dont certains se trouvaient au-dessus du centre sportif et d’autres, au-dessus du toit du Stade. Les résultats de ces essais ont servi à guider et soutenir l’entrepreneur.

Le remplacement des panneaux de béton par un mur-rideau en verre ayant la même forme courbée aurait été très coûteux et, à long terme, aurait présenté un important risque de problèmes d’étanchéité de la façade. La décision a donc été prise d’éliminer la courbure horizontale de la Tour pour simplifier la forme de la nouvelle façade, tout en respectant l’architecture originelle de la Tour.

Nos ingénieurs en structures ont conçu des prolongements de dalle pour chacun des étages, ce qui n’a pas été une tâche facile en raison des angles complexes de l’immeuble et des dimensions et de la forme différente de chaque plancher. Un modèle du bâtiment 3D a été utilisé pour les calculs et pour la conception d’une structure secondaire en acier pour soutenir le mur-rideau, ainsi que pour la construction des prolongements des dalles. Une fois la conception terminée, notre équipe a assuré une étroite surveillance du processus de construction.

 

Le calendrier du projet était aussi très serré : nous avons commencé à travailler sur le projet au printemps 2015 et terminé en 2017. Le résultat est toutefois impressionnant. La nouvelle façade complète et rehausse l’architecture iconique existante, tout en laissant entrer une abondante lumière naturelle dans les nouveaux espaces à bureaux. À l’extérieur, selon l’heure du jour et la lumière, la nouvelle façade réfléchit le ciel ou expose les éléments structuraux complexes de la Tour.

Le projet de revitalisation de la Tour amènera quotidiennement plus de 1 000 employés dans le secteur, ce qui devrait accroître le dynamisme et l’activité économique du quartier.