Le secteur minier se trouve à un moment charnière concernant la gestion des installations de stockage des résidus miniers. Tandis que les exigences mondiales augmentent et que les conséquences des défaillances sont de plus en plus visibles, le rôle de l’ingénieur·e désigné·e n’a jamais été aussi crucial. Pourtant, puisque le rôle des spécialistes du domaine est soumis à une surveillance accrue, il est perçu comme comportant des risques élevés aussi bien pour les entreprises que pour les personnes. Il est donc devenu particulièrement difficile de le rendre attractif.
Malgré ces défis et l’importance centrale des rôles d’ingénieur désigné et d’ingénieure désignée dans la gestion sécuritaire des résidus miniers, il n’existe aucune norme commune pour perfectionner et évaluer les compétences qui y sont liées. Selon les différentes entreprises, les organismes professionnels et les territoires de compétence, le parcours pour devenir ingénieur·e désigné·e est souvent incohérent. Il repose sur du mentorat informel, des exigences d’expérience variables ou des formations ponctuelles. Ce manque de cohérence crée de l’incertitude non seulement pour la communauté professionnelle, mais aussi pour les propriétaires de mines, les organismes de réglementation et les collectivités qui dépendent de l’intégrité de la gestion des résidus miniers.
Chez WSP, nous croyons qu’un changement est nécessaire.
Pourquoi le secteur minier a-t-il besoin d’un cadre commun?
Historiquement, dans le secteur minier, les compétences de l’ingénieur·e désigné·e sont définies selon ses années d’expérience ou ses connaissances techniques. Or, certains événements récents et examens réglementaires ont montré que cette approche est insuffisante. En effet, le rôle de l’ingénieur·e désigné·e est unique. Il exige non seulement une grande expertise technique, mais aussi du leadership, du discernement et du courage pour agir dans l’intérêt de la sécurité publique et environnementale, et ce, même si cela implique de remettre en question des clients, des collègues ou sa propre direction.
De plus, le secteur minier fait face à une grave pénurie de personnel qualifié prêt à assumer ce rôle, souvent parce que les risques personnels et professionnels semblent élevés. Si nous n’établissons pas de parcours clair et structuré pour le développement professionnel, notre bassin en la matière sera de moins en moins étendu.
En l’absence d’un cadre de compétences commun à l’échelle du secteur, plusieurs risques se présentent :
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Normes incohérentes – La variabilité des qualifications des personnes désignées peut entraîner des lacunes dans les connaissances, les compétences et les comportements, ce qui sape la confiance dans la bonne gestion des résidus miniers.
- Obstacles à l’attractivité du poste – Les risques perçus et l’absence de parcours de développement structuré peuvent dissuader les talents de viser le poste d’ingénieur·e désigné·e, ce qui accentue la pénurie de gens dans le secteur.
- Mobilité et reconnaissance limitées – Les ingénieur·es qui changent d’entreprise ou de territoire de compétence peuvent voir leurs expériences sous-évaluées ou leurs aptitudes remises en question, ce qui ralentit leur progression de carrière et la transmission des connaissances.
Bien entendu, le rôle d’ingénieur·e désigné·e n’est qu’un des nombreux rôles qui contribuent à la gestion réussie des installations de stockage de résidus miniers. Chez WSP, même si nous avons misé sur le perfectionnement des ingénieur·es désigné·es pour répondre à un besoin opérationnel interne, nous savons bien que la création de cadres de développement parallèles et convergents servirait également les membres des Comités indépendants d’examen des résidus miniers, les ingénieur·es responsables des résidus miniers et les membres de direction responsables (dont leurs délégué·es), entre autres.
Que devrait inclure un cadre normalisé de compétences pour les ingénieur·es désigné·es?
Les acteurs du secteur minier ont une occasion unique de relever ces défis en s’unissant pour élaborer et adopter un cadre cohérent et fondé sur les compétences au profit de développement et de l’évaluation du rôle de l’ingénieur·e désigné·e. Un tel cadre devrait :
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Définir les compétences et les comportements clés – Décrire clairement les compétences techniques, opérationnelles et de leadership requises à chaque étape de la carrière de l’ingénieur·e désigné·e.
- Permettre une évaluation et une progression structurées – Offrir des processus transparents d’auto-évaluation, de mentorat et d’évaluation formelle à des étapes clés, de manière à garantir l’équité, la clarté et la possibilité pour chaque personne d’évoluer à son propre rythme.
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Intégrer l’apprentissage formel et expérientiel – Combiner des modules de formation ciblés et une expérience concrète sur des projets, afin de renforcer les connaissances et la confiance dans les responsabilités du rôle.
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Offrir du soutien continu et l’accès à des réseaux de pairs – Donner aux ingénieur·es désigné·es l’accès à des groupes consultatifs, à des discussions entre pairs et à du développement professionnel continu.
Le cadre de WSP : un modèle de collaboration sectorielle
Chez WSP, nous avons conçu et mis en œuvre un cadre complet de développement des compétences pour les ingénieur·es désigné·es qui incarne ces principes. Ce cadre définit cinq niveaux progressifs de compétences, allant des ingénieur·es en début de carrière aux spécialistes, et comprend une évaluation structurée, du mentorat et du soutien continu. Bien qu’il soit adapté à nos besoins internes, il constitue selon nous un excellent exemple du type de cadre dont le secteur a besoin.
En partageant la structure et les avantages de notre approche, nous espérons susciter une conversation plus large et favoriser la collaboration entre les entreprises, les associations et les organismes de réglementation. Notre objectif n’est pas d’imposer une solution unique, mais de contribuer à l’élaboration d’une norme robuste à l’échelle du secteur, qui rehausse le niveau pour tout le monde.
Avantages pour l’industrie
L’adoption d’un cadre de développement fondé sur les compétences pour le rôle d’ingénieur·e désigné·e (et, au fil du temps, pour d’autres fonctions) présente des avantages clairs, non seulement pour les personnes, mais aussi pour les entreprises et l’ensemble du secteur.
- Cohérence et confiance – L’approche normalisée envers la qualification des ingénieur·es désigné·es renforce la confiance des organismes de réglementation, de la clientèle et du public, et fournit une preuve défendable de compétence en cas de contestation.
- Attraction et fidélisation des talents – En offrant un parcours clair et structurant, nous pouvons inciter davantage de professionnel·les à endosser le rôle d’ingénieur·es désigné·es et ainsi préparer la relève.
- Amélioration continue – Le cadre encourage l’apprentissage tout au long de la vie et l’adaptation aux pratiques exemplaires, aux technologies et aux exigences réglementaires en constante évolution.
- Gestion des risques – Le développement structuré et la validation par les pairs garantissent que les ingénieur·es désigné·es sont véritablement aptes à exercer leurs responsabilités, ce qui réduit les risques d’incidents et favorise la culture de zéro préjudice.
Appel à l’action
Nous croyons qu’en travaillant ensemble, nous pouvons rehausser le niveau de compétence des ingénieur·es désigné·es dans tout le secteur, ce qui contribuera à atteindre l’objectif final de zéro préjudice pour les personnes et l’environnement.
Nous invitons les acteurs du secteur, les propriétaires de mines et les associations professionnelles à se joindre à nous pour faire avancer cette discussion. Ensemble, nous pouvons bâtir un bassin plus fort et plus résilient d’ingénieur·es spécialistes des résidus miniers, et promouvoir les normes les plus élevées qui soient pour la gestion des installations essentielles de notre secteur.
Pour en savoir plus sur le cadre de développement des compétences de WSP, téléchargez nos publications présentées lors des conférences Life of Mine / Mine Waste & Tailings et de l’Association canadienne des barrages en 2025.