Peut-on extraire des connaissances utiles des données d’exploitation?

Les mégadonnées ( « Big Data ») ne sont pas toujours constituées de données utiles. Pour les exploiter intelligemment, il est important de mesurer les bons paramètres et de concevoir les systèmes en fonction des facteurs humains auxquels s’attachent la vision et la culture de l’entreprise – ce qui peut se faire grâce aux systèmes de gestion industrielle intégrés. Les experts de WSP SmartMC nous expliquent de quelle façon.

Dans le secteur industriel, de nombreuses entreprises exercent des activités qui exigent d’importants investissements initiaux capitaux (actifs). Malheureusement, toutes ne réussissent pas à optimiser le rendement de ce capital investi (RCI). 

Une exploitation peu efficace des actifs, qui offre un rendement insuffisant, diminue le RCI et nuit à la performance globale de l’entreprise. Cette situation découle souvent d’une sous-utilisation des actifs ou de problèmes de fiabilité, et elle peut se traduire par une importante érosion de la marge de profit de l’entreprise. 

De nombreuses organisations, dans le but de tirer le maximum de valeur de leurs actifs, font appel à la transformation numérique en y intégrant la gestion des données d’exploitation. Il ne faut toutefois pas associer la transformation numérique à une évolution qui irait à l’encontre de la vision et de la culture caractéristiques de votre entreprise. Au contraire, il s’agit plutôt d’une stratégie multidimensionnelle, extrêmement efficace pour obtenir des renseignements de grande valeur sur l’entreprise à partir de ses données d’exploitation. Ce faisant, elle aide les propriétaires et les exploitants à investir leurs précieux capitaux aux endroits où ils auront le plus grand impact, et à créer de nouveaux processus qui contribueront à un accroissement des revenus. La conception d’une transformation numérique s’effectue en quatre étapes, de façon à optimiser tant la collecte et l’analyse de données que les activités de l’entreprise, en vue d’accroitre sa rentabilité.

 

L’étape de planification : pour créer une transformation numérique humanocentrique

En cette époque où le phénomène de virage numérique occupe le milieu de la scène, il est important de ne pas perdre de vue l’essentiel : l’aspect humain. La transformation numérique perturbe les habitudes, et la mise en place d’une culture d’entreprise prête à accueillir de tels changements constitue en soi un réel défi. Car le processus de numérisation en lui-même est plutôt axé sur la technologie et l’infrastructure, et de ce fait implique un nombre relativement faible d’acteurs au sein de l’entreprise. Mais pour cette raison même, il y a un risque réel de se concentrer de manière trop étroite sur les aspects techniques en négligeant les répercussions éventuelles sur les personnes et sur la culture. Cette composante humaine revêt une extrême importance, et sacrifier la vision d’une entreprise au prix de l’efficacité risquerait d’entrainer d’autres problèmes à long terme.

En conséquence, pour transformer avec succès vos activités – quel que soit votre secteur d’activité, de l’exploitation minière à celui de la fabrication – les solutions numériques choisies devraient offrir à tous les employés un environnement productif et simple d’utilisation. De plus, ces solutions devraient tirer profit de technologies avancées combinant, au sein d’un système intégré, l’intelligence d’affaires à celle des opérations.  

Car toute gestion de programme intelligent doit appréhender à la fois les paramètres d’exploitation et de gestion de l’organisation. Par une vaste consultation et une analyse des processus, nos experts techniques cherchent à comprendre la situation du point de vue du client. Ils examinent ainsi tous les processus de travail en collaboration avec les acteurs clés de la gestion et de l’exploitation, car ce sont eux qui détiennent les connaissances essentielles à l’intégration des systèmes au sein d’une plateforme unique de gestion des données (selon une approche infonuagique, d’environnement virtuel, locale ou en réseau). Ce type de plateforme favorise l’échange d’information, et les données peuvent y être agrégées et explorées en vue de l’application de diverses solutions, comme l’apprentissage automatique et l’analytique prédictive, pour mieux reconnaitre et éliminer les problèmes opérationnels récurrents. L’objectif ici n’est pas de remplacer l’exploitant dans le processus de transformation et de prise de décision, mais plutôt de l’accompagner et de le guider dans la recherche des améliorations susceptibles de déclencher les changements déterminants qui l’amèneront à concrétiser sa vision.  

 

 

L’évaluation : l’intelligence opérationnelle appliquée à l’amélioration de l’entreprise 

Après avoir étudié l’état courant des activités d’une entreprise, et bien compris les indicateurs de rendement les plus critiques, nos experts en transformation sont en mesure d’associer des objectifs d’amélioration potentielle à des leviers technologiques éprouvés. Cette analyse formera la base de l’état futur des systèmes de gestion de l’entreprise. Par exemple, en employant une méthode de cartographie de la chaine de valeur, les experts reproduisent en détail le processus de travail existant, ce qui les aide à repérer et à caractériser les manques d’efficacité, ainsi qu’à proposer des procédés ou des technologies à valeur ajoutée. De la gestion des commandes à l’expédition des produits finis, en passant par l’ingénierie, la planification, la production et la fabrication, chaque processus doit faire l’objet d’une analyse qui tient compte des facteurs humains et des objectifs établis en ce sens au cours de l’étape de planification.

En raison de la complexité de cette méthodologie, il est essentiel de choisir un expert de la transformation numérique possédant une connaissance approfondie du domaine. En effet, compte tenu de l’effarante quantité de technologies, de processus complexes de production, de cultures et de structures d’entreprise, il n’existe pas de solution unique. Nos experts, forts d’une vaste expérience à l’échelle internationale, offrent du soutien et des services de collecte et d’analyse de données d’exploitation aux secteurs industriels et manufacturiers, en vue, notamment, de recommander des mesures d’aménagement ou de conception de systèmes, d’améliorer les résultats de l’entreprise, de fournir des renseignements utiles à la gestion et d’améliorer la sécurité et l’efficacité des opérations.

L’état futur : le système de gestion intégré 

La troisième étape consiste à créer une vision de l’état futur des activités de l’entreprise, et à intégrer les systèmes de soutien de cet état futur en une plateforme unique, centralisée et facile d’utilisation. Une plateforme de données intégrée est capable de recueillir les données provenant de divers appareils, systèmes d’automatisation, instruments de mesure ou capteurs, puis de les analyser pour repérer les « points chauds » et attirer l’attention sur les améliorations à apporter, que ce soit en matière d’opérations ou de sécurité. En outre, les progrès rapides de la technologie (par exemple dans le domaine de l’Internet des objets) et la baisse du coût de l’équipement ont entrainé un taux d’adoption plus élevé, et permettent d’obtenir plus vite des résultats par l’intégration de moteurs d’analyse de données dans des appareils de plus ancienne génération. Pour engendrer des améliorations concrètes qui se répercutent dans les indicateurs de rendement clés de l’entreprise – peu importe qu’ils aient trait aux opérations, à la sécurité, aux employés, à l’environnement, aux parties intéressées ou au rendement de l’entreprise – le système doit cibler la collecte et l’analyse de paramètres opérationnels significatifs. Un système de gestion intégré offre ainsi la possibilité de brosser un portrait complet de la performance de l’entreprise, en se fondant sur l’analyse de données qui tient compte tout à la fois des secteurs de la planification, de l’exploitation, de l’entretien, de la sécurité et de l’environnement. Il est aussi d’une importance primordiale de concevoir des tableaux de bord utiles aux fins de gestion, et cela requiert la mise en œuvre de méthodes innovantes de mesure et d’analyse des activités d’exploitation et l’organisation structurée de cette information. Tout cela requiert des modes de pensée originaux, capables de cerner les caractéristiques générales au cœur des opérations, pour bien prendre le pouls de l’organisation et établir une carte des endroits où concentrer les dépenses en immobilisations et les efforts d’amélioration.

Nous établissons pour chaque système de gestion intégré une feuille de route qui nous sert de guide tout au long de l’avancement du projet. Alors que l’ensemble de notre société commence tout juste à s’adapter à un avenir qui sera de plus en plus numérique, les nouveaux procédés et les nouvelles technologies de contrôle de procédés sont aujourd’hui devenus la norme avec l’avènement de l’industrie 4.0. Adhérer aux concepts de l’industrie 4.0, c’est adopter une approche axée sur la résolution de problème, qui passe par le tri et l’organisation de vastes quantités de données d’exploitation pour en réduire le nombre et repérer en quels endroits il faut prendre des mesures correctives afin d’éviter des arrêts de production non planifiés. Ces outils servent aussi à déterminer les points du processus où d’éventuels investissements seraient nécessaires pour mieux connecter tous les systèmes de soutien des opérations – matières brutes, mobilité, chaine d’approvisionnement, eau, énergie, infrastructures, procédures d’exploitation standards et formation des employés – dans le but d’accroitre la production avec une main-d’œuvre restreinte.

 

 

L’assemblage final : extraire des renseignements de grande valeur

Avoir en sa possession d’énormes quantités de données n’équivaut pas nécessairement à disposer de renseignements utiles. En effet, les mégadonnées ne sont pas toujours de bonnes données. En conséquence, le conseiller en transformation numérique a pour rôle d’améliorer la compréhension des processus d’entreprise en déterminant quelles portions des opérations devraient faire l’objet de mesures, quelles données ont le potentiel d’être récoltées, quels paramètres de mesure peuvent être extraits avec précision du lot de données, et comment présenter le mieux possible visuellement l’information pour qu’elle soit facile à lire et à partager. Il est également important de fournir à l’entreprise la capacité de superviser la production à partir d’un centre de commande, sur place ou à distance, et de transmettre cette information, sous forme de données regroupées, aux équipes de gestion locales et à celles du siège social.

Une organisation en tableaux de bord des données regroupées permet de réagir beaucoup plus rapidement pour apporter les améliorations nécessaires aux activités d’exploitation. Les diverses équipes concernées repèrent aussi bien plus vite les « valeurs aberrantes » signalant un écart anormal dans les opérations. Pour produire une bonne vue d’ensemble des opérations à l’aide d’indicateurs de rendement, il faut avoir recours à un éventail d’outils et de méthodes. Il n’existe aucune approche unique répondant aux exigences multiples de la collecte de données. Cet effort de collecte se range en deux grandes catégories. La première a trait aux méthodes traditionnelles utilisant les technologies existantes, et qui produisent une image de la situation à un moment donné (bien qu’il y ait certaines exceptions). Dans la deuxième catégorie se trouvent les nouvelles techniques, principalement numériques, qui recueillent les données en continu.

Du côté des méthodes traditionnelles, nous envisageons souvent l’emploi d’outils comme des plateformes en ligne et des « enquêtes par entrevue » pour connaitre les changements de comportement et les perceptions des équipes de l’exploitation, de l’entretien, de l’ingénierie et de la chaine d’approvisionnement. Il est possible aussi d’utiliser de nouvelles technologies de captage par caméra qui recueillent, traitent et enregistrent des flux de données continus tout en préservant l’anonymat des personnes. De nouveaux appareils et systèmes de capteurs utilisent la caméra comme un capteur et traduisent les signaux vidéo en une base de données SQL sur mesure, qui peut être connectée en temps réel à des tableaux de bord eux aussi conçus sur mesure, auxquels ont accès les équipes d’exploitation et d’entretien.

Lorsqu’il est le fruit d’une planification, d’une évaluation et d’une feuille de route adéquates, un système de gestion intégré peut véritablement transformer la façon qu’ont les entreprises industrielles d’envisager leurs activités, de mobiliser leurs employés, de faire preuve d’une plus grande efficacité et de livrer leurs produits aux clients. Pour réussir une telle transformation, il est essentiel de concevoir un processus qui tient compte en tous points des facteurs humains, et qui tire profit de compétences et de connaissances issues d’un très vaste éventail de technologies et de secteurs industriels. En définitive, nous voulons que les données travaillent pour nous, et non le contraire.

 


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