Le TLR de la municipalité régionale de Waterloo est le premier nouveau projet de transport léger sur rail depuis plus de 30 ans au Canada. Il comprendra des voies partagées entre le transport en commun et les trains de marchandises. Cet article traite des débuts de ce modèle de voies partagées et de la façon dont il a été adapté pour répondre à la croissance prévue de la région de Waterloo.


Emplacement

  • Waterloo, Ontario, Canada

Secteurs

  • Train de banlieue
  • Systèmes de train léger et tramway
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Service

Client

  • THE REGION OF WATERLOO


ION : un nom évocateur pour un réseau de transport en commun innovateur qui transportera les gens dans le futur. Mot grec signifiant « aller », ION repose sur l’idée d’être en mouvement constant, un peu comme l’endroit qui accueillera le réseau, soit la région de Waterloo, en Ontario. La municipalité régionale de Waterloo est constituée des municipalités de Kitchener, Waterloo et Cambridge, ainsi que de ses municipalités rurales environnantes. Quatrième communauté en taille de l’Ontario, sa population s’élève à plus d’un demi-million d’habitants (voir figure 1) et cette dernière devrait augmenter de 200 000 résidents au cours des 20 prochaines années.

La plus grande partie de ce projet de transport en commun rapide s’articule autour de l’intégration du réseau ION dans l’infrastructure existante, tout en favorisant la densification dans les secteurs urbains actuels. L’un des objectifs fondamentaux de l’implantation du réseau ION ne vise pas uniquement à créer un réseau fluide entre Kitchener, Waterloo et Cambridge, mais aussi de relier ces communautés à la région du grand Toronto et de Hamilton (RGTH). Lorsqu’il entrera en service, ION effectuera des correspondances avec Grand River Transit (GRT), GO Transit et VIA Rail, ce qui ajoutera des options de transport en commun et rendra le réseau plus flexible et inclusif, au fur et à mesure que la population croîtra.

La mise en œuvre d’un réseau de transport léger sur rail (TLR) a été approuvée en 2011, après avoir évalué de nombreuses autres options d’expansion du transport en commun. Les trains électriques du TLR de la région de Waterloo circuleront sur une voie rapide réservée, soit une voie séparée du trafic normal, sauf aux intersections et aux passages à niveau du chemin de fer. Le projet se déroulera en deux temps. La première étape consistera en 19 kilomètres de TLR et 17 kilomètres de service d’autobus rapides (SAR). Les véhicules du SAR circuleront à même le trafic urbain plutôt que dans des voies réservées. Toutefois, ils disposeront d’une signalisation prioritaire et pourront éviter la circulation par une voie de contournement. Puis, à la deuxième étape, le réseau ION-SAR sera converti en TLR, un service fluide entre Kitchener, Waterloo et Cambridge.

 

Notre rôle

Nous sommes responsables de la gestion générale du projet du regroupement constitué de WSP et LEA, pour la première étape du projet de transport en commun. L’équipe a dirigé la conception et l’élaboration du devis descriptif pour la gestion de programme, les systèmes, le génie civil et l’intégration des réseaux, et assure actuellement la supervision de la construction. En tant que consultant principal en ingénierie, WSP a préparé le devis descriptif ainsi que les exigences de rendement pour un consortium qui effectuera la conception, la gestion de la construction, le financement, l’exploitation et l’entretien du TLR. Nous avons également aidé la région de Waterloo à réaliser la conception finale du réseau de SAR, le déplacement des services publics, la gestion de la construction ainsi que la mise en œuvre du programme de participation publique.

 

Notre approche innovatrice

Les travaux de construction ont commencé à l’été 2014 et WSP est ensuite passée à la gestion de la construction et aux évaluations environnementales pour l’étape 2 du projet de TLR, qui viendra prolonger le réseau de transport initial jusqu’à la ville de Cambridge. Pour accélérer les travaux et respecter l’échéancier extrêmement serré de l’étape 1, WSP  a suggéré une solution innovatrice de partage des voies – la première du genre au Canada – qui permettra à la flotte de véhicules de transport léger de circuler de façon sécuritaire et efficace, en empruntant les mêmes voies que le réseau existant de transport lourd et de navetteurs dans certains secteurs. La personne derrière cette idée a eu vent de ce modèle et a pu voir des corridors ferroviaires multifonctionnels lors d’un voyage en Allemagne dans les années 1990.

Ce type de voie ferrée a d’abord été développé et mis en œuvre dans la ville de Karlsruhe, en Allemagne, en 1992, par l’autorité en matière de transport en commun, Karlsruher Verkehrsverbund (KV). Le modèle de Karlsruhe est un système alliant tramway, trains légers et transport ferroviaire régional de navetteurs circulant tous sur les mêmes voies, généralement entre les zones urbaines ou à l’extérieur de celles-ci.

Le principal facteur de succès pour la région de Waterloo a été le souci du détail et la résolution de problèmes selon une approche holistique. L’alignement des voies, qui doivent pouvoir accueillir à la fois les voitures de trains légers et les trains de marchandises à basse vitesse, nécessitait une attention particulière au rayon des courbes et au dévers (différence d’élévation entre deux rails) des voies. Il a par ailleurs fallu mettre en place les systèmes d’avertissement des passages à niveau aux croisements avec les routes, conformément aux exigences de conception à la fois du TLR et du transport de marchandises. Le problème entourant le transport de marchandises continu qui entravait le service de TLR a été résolu en établissant un horaire de fonctionnement hors des heures de pointe. La municipalité régionale de Waterloo, le CN et les sociétés de transport ferroviaire de marchandises ont travaillé de concert pour trouver des compromis sur de nombreux points et proposer des solutions satisfaisantes pour tous les intervenants et répondant à leurs besoins.