Qu’avez-vous réussi à accomplir jusqu’à maintenant et qu’avez-vous appris de votre parcours vers la carboneutralité?
WSP et moi quantifions depuis deux ans les émissions de carbone associées à mes déplacements et à mon hébergement. Nous recueillons actuellement les données de ma troisième année. Chaque année, nous avons compensé les émissions qu’il m’était impossible d’éviter. Nous étudions les manières de réduire mes émissions de carbone et évaluons les différences qui apparaissent dans les données, selon les actions que j’effectue.
Émissions de GES selon la source (voir l’image plus bas)

Parmi mes activités, ce sont les vols qui génèrent la plus grande quantité d’émissions. C’est donc un enjeu qui a ouvert la porte à une nouvelle phase de mon projet. Nous œuvrons à la normalisation de la méthode que j’emploie pour quantifier mes émissions afin que d’autres athlètes puissent s’en servir aisément. L’objectif consiste à consigner les émissions de carbone liées aux voyages aériens nécessaires à l’ensemble du circuit de la Coupe du monde de saut en ski acrobatique et de présenter un rapport à la Fédération Internationale de Ski (FIS) qui s’accompagnera de recommandations, basées sur des données, pour l’organisation d’un calendrier de la Coupe du monde qui permettrait de réduire le plus possible les voyages aériens.
Je m’efforce également de réduire l’empreinte carbone des événements auxquels je participe. En effet, l’année passée, j’ai fait équipe avec le comité organisateur d’une épreuve de la Coupe du monde qui se tiendra au Canada afin d’adopter des mesures favorisant le développement durable. J’ai reçu la subvention Héritage d’OLY Canada accordée par le Comité olympique canadien. Je me suis servi de cet argent pour financer les mesures mises en place pour l’événement. Notre but l’année prochaine est de mettre en œuvre de nouvelles mesures qui nous permettront de réduire encore plus les impacts de l’événement sur l’environnement grâce à une collaboration avec WSP et Racing to Zero, un organisme à but non lucratif dirigé par Oliver Scholfield, athlète olympique canadien en hockey sur gazon. J’ai appris que l’organisation de ce genre d’événements exige beaucoup de logistique, mais que ce sont les personnes dévouées au sein d’un organisme qui permettent d’avoir un impact concret.
Mes divers engagements ne sont pas passés inaperçus auprès de la communauté sportive : j’ai eu la chance de saisir d’autres occasions qui m’ont permis d’apprendre et de rencontrer des personnes inspirantes. Je suis membre de l’alliance Protect Our Winters, j’ai pris part à la Journée des sports verts, je suis ambassadrice en développement durable du Réseau OLY Canada et j’effectue un stage dans le service de développement durable de CAE. Les projets associés à ces occasions sont en cours. J’ai parlé de la lutte contre les changements climatiques dans des écoles et j’y ai découvert que les enfants sont conscients de la crise climatique, mais se sentent parfois impuissants. J’essaie de les outiller de sorte qu’ils puissent apporter des changements dans leur communauté rapprochée et je tente de faire de même dans la mienne. Après tout, l’ensemble de nos gestes finiront par s’additionner.
Comment intégrez-vous ces concepts dans votre vie quotidienne?
J’ai grandement appris sur le développement durable et ce que je retiens principalement, c’est que nous devons consommer moins, et ça s’applique à tout. Il est possible de vivre au quotidien sans excès de consommation. J’ai converti mon vélo en vélo électrique, ce qui me permet de l’utiliser chaque jour pour me rendre à mes entraînements au lieu d’utiliser ma voiture. Je consomme beaucoup moins de viande, j’achète des produits locaux et usagés et j’ai commencé à recourir aux services d’autopartage pour mes déplacements sur de longues distances.
Sans même m’en rendre compte, je suis devenue une porte-parole de la cause. J’utilise la tribune dont je dispose en tant qu’athlète pour partager mes valeurs et promouvoir l’importance des gestes individuels. Je me sers également de ma voix pour influencer les grands acteurs, notamment dans le cadre des projets mentionnés ci-dessus.
Quelle est votre opinion quant aux efforts déployés par les organisateurs des Jeux olympiques de Paris afin de réduire les émissions de carbone de l’événement?
Je crois qu’ils se sont fixé des objectifs très ambitieux, et c’est exactement ce dont nous avons besoin. La portée des Jeux olympiques dépasse le domaine sportif : il deviendra impératif de déployer ce genre d’efforts en faveur du développement durable lors des prochaines éditions de l’événement. Les sports et l’environnement sont étroitement liés. Comme athlètes, fédérations et organisateurs d’événements, nous devons montrer l’exemple en matière de développement durable.
Selon vous, quels sont les apprentissages que nous pouvons tirer des cibles et des initiatives mises en place à Paris et lesquels pouvons-nous appliquer aux futures éditions des Jeux olympiques?
Les organisateurs des Jeux de Paris 2024 visent plusieurs objectifs, entre autres : devenir les premiers Jeux olympiques en phase avec les lignes directrices de l’Accord de Paris, réduire de moitié les émissions de carbone générées par l’événement comparativement aux éditions précédentes, se fixer une limite quant aux émissions de carbone avant la tenue de l’événement, évaluer les impacts des Jeux sur la biodiversité et restaurer les éléments affectés. En raison du réchauffement climatique, on estime que d’ici 2085, seulement 30 villes de l’hémisphère Nord atteindront des températures assez fraîches pour être l’hôte des Jeux olympiques. Le développement durable devra donc être l’un des principaux piliers des futures éditions des Jeux.
Actions pour le climat aux Jeux olympiques de Paris :
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L’empreinte carbone est réduite de 50 %
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Tous les événements sont alimentés par de l’énergie renouvelable
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Les événements olympiques se tiennent près du village olympique
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Je pense que nous pourrons tirer plusieurs leçons de Paris 2024 : quelles mesures ont eu le plus grand impact par rapport à leurs coûts, les points à améliorer, les mesures qui ont bien fonctionné, l’incidence (positive ou négative) des mesures sur les athlètes.