Les responsabilités financières liées à la fermeture des mines ont fortement augmenté ces dernières années. Pour certains sites, ces obligations atteignent souvent des centaines de millions, voire des milliards de dollars. Le resserrement des exigences réglementaires, l’évolution des normes environnementales et la surveillance accrue des investisseurs font en sorte que la fermeture ne peut plus être considérée comme une activité distincte réalisée à la fin des activités minières.
Les décisions prises pendant tout le cycle de vie de l’actif influencent les résultats de la fermeture. Les décisions concernant la planification minière, la gestion des déchets, les systèmes d’approvisionnement et de gestion de l’eau ainsi que la biodiversité peuvent permettre d’éliminer rapidement certains risques ou, à l’inverse, entraîner de coûteuses interventions à long terme.
Une approche axée sur le cycle de vie permet aux entreprises de tenir compte de la fermeture dans leurs décisions opérationnelles et stratégiques quotidiennes. Cela comprend :
- harmoniser les indicateurs de rendement clé avec les objectifs de la fermeture
- s’assurer que les engagements tiennent compte des réalités techniques et financières
- veiller à ce que les vocations prévues pour les terres après l’exploitation minière puissent être maintenues à long terme.
Dans ce chapitre du guide sur l’exploitation minière, Kim Ferguson, directrice mondiale de la fermeture des mines, ainsi que Kyle Knopff, écologiste principal, et Dan Walker, ingénieur principal en ressources hydriques, mettent en lumière le rôle de la fermeture progressive. En mettant en œuvre des activités de remise en état, d’assainissement et de gestion de l’eau pendant l’exploitation, les entreprises peuvent mettre leurs hypothèses à l’épreuve, recueillir des données probantes et adapter leurs stratégies avant que les conditions de fermeture ne soient définitivement établies. Cela permet de réduire l’incertitude tout en renforçant la confiance des organismes de réglementation, des communautés et des titulaires de droits autochtones.
Une autre question clé consiste à déterminer ce que signifie réellement la fermeture lorsque les responsabilités liées à la gestion à long terme peuvent se prolonger bien au-delà de la fin de l’exploitation minière. Le transfert complet des responsabilités demeure rare, particulièrement lorsqu’une gestion continue de l’eau ou une surveillance environnementale à long terme est nécessaire. Par conséquent, les sociétés minières devront peut-être voir au-delà de la fermeture réglementaire et réfléchir à la façon dont les terres peuvent continuer de générer une valeur écologique, sociale et économique pendant des décennies.
C’est souvent à l’intersection des enjeux liés à l’eau, à la gestion des déchets, à la biodiversité et à l’utilisation des terres que se présentent les risques de fermeture les plus importants. Une gestion efficace de ces risques exige une prise de décisions intégrée entre les disciplines, une vérification continue des hypothèses et une définition claire des responsabilités pendant tout le cycle de vie de l’actif.
Face à l’évolution constante des attentes en matière de fermeture, les entreprises en meilleure position pour réussir seront celles qui envisagent la fermeture non comme un événement futur, mais comme une démarche continue axée sur la création de valeur, la réduction des risques et la gestion responsable.