Qu’est-ce qui a d’abord suscité votre intérêt pour le secteur minier et qu’est-ce qui vous passionne encore aujourd’hui dans ce domaine?
J’habite en Australie-Occidentale, une région considérée comme l’un des pôles miniers mondiaux. Le fait d’être au cœur de cet environnement et de constater les possibilités qu’offre une carrière dans le secteur minier a vraiment éveillé mon intérêt.
Il y avait aussi le défi que représentait le travail, puisque la plupart de nos projets miniers sont réalisés dans des régions éloignées de l’Australie. Plus jeune, j’étais emballé par l’idée de parcourir le pays.
De plus, cette carrière est gratifiante d’un bout à l’autre.
Quel défi technique a eu le plus d’impact sur votre carrière, et comment l’avez-vous abordé?
L’un des plus grands défis a été de réunir de vastes équipes multidisciplinaires réparties dans des régions éloignées et de veiller à ce que tout le monde travaille à l’atteinte d’un résultat commun. Beaucoup de gens ignorent que certains des plus grands gisements minéraux au monde se trouvent dans des régions extrêmement éloignées et que les sites de projet peuvent s’étendre sur des centaines de kilomètres.
La réalisation réussie de projets de cette envergure exige une coordination rigoureuse, des communications claires et des efforts soutenus pour mobiliser les équipes autour d’un objectif partagé.
Quels sont les plus grands défis dans le secteur des mines? Comment WSP contribue-t-elle à relever ces défis, tant à l’échelle mondiale que locale?
Les principaux défis consistent à assurer la prévisibilité de la réalisation du projet et à réduire le délai entre sa conception et son achèvement. Les clients doivent avoir confiance dans le respect de l’échéancier et du budget d’investissement, ainsi que dans la capacité à franchir avec succès les étapes d’obtention des permis et de développement du projet.
Une grande partie de notre rôle chez WSP consiste à aider les clients à accroître leur confiance dans la planification des projets et la prise de décisions. Nous travaillons avec eux pour évaluer les options, définir la portée, comprendre les besoins en capital et déterminer la voie la plus viable à suivre. Nous les aidons également à mieux comprendre les exigences relatives aux permis et à gérer les risques tout au long du cycle de vie du projet.
En fin de compte, tout repose sur la discipline et la prise de décisions éclairées dès le départ. Les régions et les projets qui y parviennent sont ceux qui continueront d’attirer les investissements des grandes sociétés minières.

Adrian Chapman, portant des gants jaunes, en compagnie de membres de l’équipe de WSP sur un site minier en Australie.
Comment l’industrie minière évolue-t-elle, notamment sur le plan des technologies, des attentes des clients et des tendances? Comment peut-elle mieux transformer l’innovation en rendement opérationnel?
À l’heure actuelle, l’industrie se tourne davantage vers une prise de décisions fondée sur les données. Il est donc question de mégadonnées, mais aussi d’automatisation. Nous constatons donc beaucoup d’automatisation dans les activités d’exploitation. À cela s’ajoute la volonté de décarbonation.
Les enjeux actuels liés aux carburants accélèrent la transition énergétique des parcs de véhicules miniers et ferroviaires, notamment vers des solutions électriques à batterie.
En ce qui concerne l’automatisation, elle contribue à rendre les sites miniers plus efficaces. Cela ne signifie pas nécessairement une réduction de la main-d’œuvre. Elle favorise plutôt l’efficacité et, surtout, peut contribuer à rendre les sites miniers plus sécuritaires.
Certains systèmes d’automatisation peuvent contribuer à réduire les risques associés au transport des matériaux ainsi que l’exposition du personnel à des activités susceptibles de causer des blessures graves. C’est là l’effet positif de l’automatisation : réduire les risques pour les gens.
J’ai mentionné la technologie et les attentes des clients, mais l’une des principales évolutions également observées concerne la diversité et la façon dont l’industrie minière est devenue un milieu plus inclusif. Nous constatons que l’industrie met davantage l’accent sur les occasions offertes aux groupes de propriétaires traditionnels locaux et sur la volonté de favoriser une main-d’œuvre plus diversifiée.
L’approvisionnement en cuivre deviendra-t-il plus difficile à assurer?
Oui. En effet, dans ce secteur, les teneurs diminuent et les mines sont toujours plus profondes et plus complexes. Les intrants nécessaires, comme l’énergie et l’eau, rendront l’intégration du cuivre à la chaîne d’approvisionnement plus difficile.
Qu’est-ce qui vous emballe le plus à propos de l’avenir de l’industrie des mines et métaux? Qu’est-ce qui définira la prospérité des mines en 2040?
D’après moi, explorer comment les capacités numériques dont nous disposons aujourd’hui aideront les sociétés minières à gagner en efficacité est l’un des aspects les plus prometteurs pour les mines en 2040.
Les solutions numériques permettront d’accroître l’efficacité des activités tout en favorisant des opérations plus sécuritaires. Cela est d’autant plus important que les coûts continuent d’augmenter.
Ces sociétés minières miseront sur les technologies numériques pour faciliter la prise de décisions et automatiser certaines tâches, pour appuyer le travail du personnel d’exploitation de la mine. Je le souligne : les technologies ne remplaceront pas le personnel, elles contribueront plutôt à faciliter des choix plus éclairés. Je crois qu’une mine prospère en 2040 aura pleinement intégré l’automatisation en misant sur toutes les données qui sous-tendent cette transformation numérique.
Avec le recul, quel moment de votre carrière a eu le plus grand impact?
Ce qui me vient immédiatement à l’esprit, c’est la première fois où j’ai mis les pieds sur un site minier. J’ai simplement été frappé par l’immensité de la mine, par son échelle et son éloignement.
En ce qui concerne un moment marquant de ma carrière, celui qui a eu la plus grande incidence pour moi a été ma participation au développement de la mine de fer de Roy Hill et de ses infrastructures dans la région de Pilbara, en Australie-Occidentale. Il s’agit d’une exploitation de minerai de fer de 60 millions de tonnes par année, l’un des plus grands développements miniers en Australie.
Contribuer à la réalisation de 344 kilomètres de voie ferrée pour trains lourds dans l’un des environnements les plus rigoureux imaginables m’a profondément marqué. Le simple fait de voir le projet se concrétiser, du tout début jusqu’à la circulation des trains et à l’acheminement du minerai de fer hors de la mine, m’a vraiment fait prendre conscience de l’ampleur de ce que nous avions accompli. C’est probablement l’expérience la plus marquante.