Le fait de convertir des bâtiments obsolètes pour de nouveaux usages permet de préserver le carbone qui est contenu dans
leur structure et de réduire le plus possible les émissions initiales liées à une nouvelle construction. Mais comment les rénover selon les normes modernes sans ajouter une quantité de carbone intrinsèque tellement grande que la rénovation risque d’aller à l’encontre de l’objectif?
C’est l’enjeu auquel les spécialistes en génie acoustique comme George van Hout doivent faire face. En Nouvelle-Zélande, où il travaille, les structures sont généralement composées de matériaux légers, comme le bois, qui est plus sécuritaire que la maçonnerie en cas de tremblement de terre, mais moins efficace pour réduire la transmission du bruit. Ce peut être un véritable défi pour des projets de réutilisation adaptative où un bâtiment est converti en bâtiment à usage mixte – par exemple, un bureau sous-occupé reconverti pour accueillir des espaces résidentiels, commerciaux et de loisirs. Si un quartier comporte des espaces désaffectés, des culs-de-sac qui échappent à la surveillance ou beaucoup de graffitis, les gens peuvent craindre d’être davantage victimes d’un crime. Les femmes sont les premières à le ressentir; elles évitent certains lieux publics par peur de se faire harceler ou attaquer. Comme le révèle une étude menée par mes collègues de WSP (en anglais seulement) à Londres, 94 % des femmes ne se sentent pas en sécurité dans les transports en commun, et 76 % d’entre elles les évitent la nuit.
« En fait, la façon dont le son se propage entre deux espaces dépend de la masse qui les sépare, explique-t-il. Des innovations sont sans cesse introduites, mais les principes de base prévalent toujours. On peut aménager des cavités, insonoriser et offrir une isolation des vibrations pour mieux séparer les espaces, mais pour réduire le bruit, il faut de la masse (c’est ce qu’on appelle la loi de la masse). Et cela ne changera pas. »
Comment le son voyage-t-il dans les bâtiments?
George van Hout et son équipe de génie acoustique tiennent compte de trois principaux types de transmission sonore : « Le premier est la transmission entre deux espaces : soit la mesure dans laquelle le son passe d’un côté à l’autre d’un mur ou d’un plancher, surtout pour préserver l’intimité des conversations. Le deuxième est le temps de réverbération, ou la durée pendant laquelle le son s’accumule dans l’espace. Dans un restaurant où l’ambiance est de plus en plus bruyante et où vous ne pouvez plus entendre la personne devant vous, c’est que le temps de réverbération est trop long. Le troisième est le bruit d’impact. Si les structures sont légères, vous pourriez entendre des personnes marcher sur des surfaces dures au-dessus de vous. Ou s’il y a une salle d’entraînement, vous pourriez entendre des poids tomber au sol ou des personnes sauter. »
Dans un tout nouveau bâtiment, tout peut être contrôlé : la masse de la structure, la construction des murs et les finitions de surface. Dans une réutilisation adaptative, il y a plus de contraintes, explique George Van Hout. « Dans beaucoup de vieux bâtiments, la hauteur du plancher au plafond est assez faible, ce qui réduit la possibilité d’ajouter des plafonds suspendus ou d’augmenter la hauteur du plancher pour contrôler la transmission du bruit et les vibrations. »