Optimisation et résilience
Les efforts de conception ont également visé à rendre l’infrastructure résiliente face aux fortes chaleurs. Bien que la Marina soit destinée à être utilisée toute l’année, une attention particulière a été portée à son inertie thermique en période estivale. Une étude bioclimatique a été réalisée pour assurer un confort optimal en été sans recourir à la climatisation, en conformité avec les normes BDM.
Des brise-soleil fixes ont été installés pour réduire la consommation énergétique liée au chauffage et à la climatisation. L’orientation des bâtiments et la conception des façades ont été pensées pour répondre aux contraintes météorologiques locales. Enfin, les bâtiments répondent à la certification E3C1, attestant de leur haute performance énergétique et de leurs faibles émissions de carbone.
La valorisation dans tous ses états
Que ce soit en amont, lors de l’exécution ou au moment de l’exploitation, la valorisation des matériaux, des ressources et des déchets a été au cœur de la démarche.
Les anciens bâtiments ont été utilisés comme base de chantier et locaux de stockage avant d’être déplacés pour être transformés en bases nautiques en Corse. Cette seconde vie pour ces structures illustre la dimension circulaire et la conception en boucle fermée du projet.
Un autre élément a également été pensé en boucle fermée : il s’agit de l’eau. « Le chantier se situant à proximité de la méditerranée et n’étant pas raccordé au réseau pluvial communal, nous avons dû faire preuve d’une grande attention à l’utilisation et aux traitements des eaux, explique Hadrien Freydefont. Les eaux usées des douches ont été réutilisées pour le préchauffage de l’eau chaude sanitaire. De plus, un traitement localisé des eaux de pluie et le recyclage des eaux de chantier grâce à une mini-station d’épuration ont permis de valoriser cette ressource et d’éviter les rejets polluants dans la méditerranée. »
Du point de vue de la biodiversité, la Marina du Roucas-Blanc a obtenu la certification EFFi NATURE qui atteste de la performance environnementale des bâtiments, en mettant l’accent sur la préservation de la biodiversité locale. Elle évalue la manière dont les projets intègrent des mesures pour protéger et favoriser la faune et la flore, telles que la création de gîtes pour les animaux et la gestion durable des espaces verts. Cette certification garantit que le bâtiment respecte des critères rigoureux en matière de durabilité et d’intégration écologique.
Dans le cadre du réaménagement du Roucas-Blanc, des gîtes pour oiseaux, des hôtels à insectes et des revêtements perméables ont été installés, tandis que des branchages ont été conservés durant les travaux pour offrir des abris temporaires à la faune locale. Cette dimension écologique a été prise en compte tout au long du projet, en collaboration avec des experts de la biodiversité.
Le volet déchets a aussi fait l’objet de plusieurs mesures de valorisation. Ils ont été soigneusement triés et valorisés, atteignant un taux de 90 % de recyclage, bien au-delà des 70 % requis par la réglementation. Chaque type de matériau a été envoyé dans des filières spécialisées pour une valorisation optimale.
Un modèle à suivre ?
La Marina du Roucas-Blanc est un exemple inspirant d’ingénierie intégrée. Il démontre de la capacité des ingénieurs à fournir des solutions sur mesure pour répondre à des enjeux multiples à toutes les échelles et étapes d’un projet. En alliant durabilité, innovation et optimisation des ressources, ce projet s’impose comme un modèle à suivre pour la construction de bâtiments et d’infrastructures au service des communautés.
Hadrien Freydefont, Chef de projet au sein de WSP France