Face à l’urgence de la décarbonation, nous devons déterminer les leviers les plus efficaces et les plus rapides à activer. Les ACV sont essentielles, car elles permettent d’évaluer l’empreinte complète d’un produit ou d’un système (pas seulement l’empreinte carbone, mais un ensemble d’impacts environnementaux), en plus de repérer les stratégies de réduction les plus efficaces et d’éviter de déplacer les incidences d’une étape du cycle de vie à une autre. Elles sont inestimables dès la phase de conception, puisqu’elles permettent de prendre en compte la durabilité dans les décisions, au même titre que les analyses de la faisabilité et des coûts.
Microsoft prévoit appliquer les leçons tirées de cette étude* pour optimiser le refroidissement de ses futurs centres de données, de manière à soutenir ses objectifs de durabilité. La mission de WSP est de façonner nos communautés pour faire progresser l’humanité, et je suis ravie que cette étude soit accompagnée d’un logiciel libre gratuit, basé sur Excel, qui permet à tout exploitant ou concepteur de centre de données d’évaluer différentes technologies de refroidissement et leurs compromis. Il peut également aider les acheteurs de services en nuage à comprendre les implications en matière d’émissions ou de consommation d’eau pour les aider à atteindre leurs propres objectifs de durabilité. WSP aide de nombreuses entreprises à quantifier leurs impacts directs et indirects et à élaborer des stratégies de réduction, et nous pouvons contribuer à appliquer cet outil dans divers contextes.
Principales conclusions
Nous avons étudié trois technologies, soit le refroidissement par plaque froide (cold plate), par immersion monophasée et par immersion biphasée, en les comparant au refroidissement par air standard. Chacune présente des points forts et des points faibles, mais il a été présumé que leurs avantages l’emportent sur leurs inconvénients. Nous avons donc cherché à quantifier leurs impacts environnementaux pour éclairer la prise de décisions.
Notre étude* montre que l’utilisation du refroidissement liquide dans les centres de données pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 15 à 21 %, la demande énergétique de 15 à 20 % et la consommation d’eau douce (blue water) de 31 à 52 %. Dans le cas d’un centre de données typique à très grande échelle, ces réductions reviendraient à retirer jusqu’à 4 500 voitures des routes américaines chaque année, à fournir de l’électricité à environ 22 200 foyers aux États-Unis ou encore à économiser l’équivalent en eau de 20 piscines olympiques. Ces chiffres sont donnés à titre indicatif et reposent sur certaines hypothèses détaillées dans l’étude.
Lorsqu’on mène des analyses du cycle de vie sur des systèmes complexes, l’un des principaux défis est de trouver une unité commune pour comparer des systèmes qui remplissent une même fonction de façons différentes. Dans ce cas, nous avons choisi le cœur virtuel (vCore) annualisé comme « unité fonctionnelle ». Cette unité de base du nuage correspond à la quantité de puissance de calcul utilisée sur une année et permet de comparer différentes configurations et implantations de centres de données à l’échelle de l’écosystème.
Le graphique ci-dessous résume nos conclusions : il montre les répercussions des émissions de gaz à effet de serre, de la demande énergétique totale et de la consommation d’eau douce pour chaque technologie, par cœur virtuel et par année.
Nous avons modélisé deux sources d’énergie différentes pour l’exploitation de centre de données : une avec 0 % d’énergie renouvelable comme référence (représentant un réseau basé sur les combustibles fossiles) et une avec 100 % d’énergie renouvelable (reflétant l’engagement de Microsoft en faveur des énergies renouvelables*). Tous les résultats sont présentés en fonction des impacts d’un centre de données refroidi par air, alimenté à 0 % par de l’énergie renouvelable.